Le CES 2026 a été marqué par la Chine

le

Parmi les plus de 4 000 entreprises présentes au salon technologique, les acteurs chinois ont fait preuve d’une innovation technologique majeure.

Au Consumer Electronics Show (CES) 2026, qui s’est achevé le 9 janvier à Las Vegas, la contribution de la Chine à cet événement qui a réuni 148 000 participants a révélé un changement stratégique : plutôt que de se contenter d’annonces de produits isolés, les entreprises chinoises ont présenté des systèmes intégrés couvrant la mobilité, les infrastructures et l’espace aérien, conçus pour s’étendre à l’échelle mondiale.

Des véhicules volants modulaires de XPeng au passage de Dreame des aspirateurs robots aux supercars électriques, l’événement a souligné la manière dont la Chine va au-delà de ses prouesses en matière de fabrication pour définir de nouvelles catégories de produits de consommation.

Alors que l’IA dominait chez tous les exposants, la présence de la Chine s’est distinguée par l’ampleur de ses ambitions : intégrer le matériel, les logiciels et l’harmonisation réglementaire dans des produits commercialement viables plutôt que dans des démonstrations de concepts.

1. Le porte-avions terrestre de XPeng vise le marché du transport aérien individuel

L’économie de basse altitude décrit un nouveau paysage commercial axé sur les utilisations commerciales d’aéronefs pilotés et autonomes volant dans l’espace aérien proche du sol, ouvrant de nouvelles perspectives dans les domaines de la logistique, de la mobilité, du tourisme et des services urbains.

Peu d’expositions chinoises ont suscité autant de discussions que le porte-avions terrestre de XPeng. Au lieu d’utiliser un seul véhicule pour rouler et voler, un compromis de conception qui a condamné les précédents concepts de « voitures volantes », XPeng a divisé le problème en deux.

Le résultat est un système modulaire. Un véhicule terrestre hybride électrique à six roues motrices assure les longs trajets et sert également de station de recharge mobile. Une fois arrivé à destination, un compartiment arrière s’ouvre et libère un avion eVTOL compact à deux places qui peut décoller verticalement à la demande.

En présentant le vol individuel comme une extension du transport routier plutôt que comme un substitut, XPeng a positionné la mobilité aérienne comme quelque chose que les consommateurs individuels peuvent réellement posséder, stocker et utiliser, et pas seulement appeler dans les centres urbains densément peuplés.

2. Des aspirateurs robots aux supercars, les marques chinoises passent facilement d’une catégorie à l’autre

Le CES 2026 a également mis en évidence la fluidité du paysage chinois en matière d’innovation. Une initiative inhabituelle est venue de Dreame, une entreprise mondialement connue pour ses aspirateurs robots, qui a dévoilé sa première voiture électrique performante lors du salon : un véhicule électrique à quatre moteurs qui s’inscrit dans la vague des concepts de superberlines chinoises comparables aux hypercars européennes telles que les Bugatti.

Ce qui aurait pu autrefois sembler être une nouveauté est plutôt devenu le symbole d’un changement plus large. Les entreprises chinoises sont de plus en plus à l’aise pour exploiter leurs atouts fondamentaux, tels que les moteurs, les batteries, les systèmes de contrôle et les logiciels, puis les mettre en œuvre dans des catégories de produits entièrement nouvelles.

Les frontières entre l’électronique grand public, la mobilité et le luxe deviennent de plus en plus floues, et les entreprises chinoises exploitent ce chevauchement plus rapidement que bon nombre de leurs homologues occidentales.

3. Pourquoi la Chine prend de l’avance dans l’économie de basse altitude

Derrière le véhicule volant de XPeng se cache une initiative nationale beaucoup plus vaste. Le 15e plan quinquennal de la Chine (2026-2030) a officiellement désigné l’« économie de basse altitude » (qui couvre les drones, les eVTOL et les infrastructures connexes) comme un secteur émergent stratégique.

Ce soutien politique se traduit déjà par la mise en place de réseaux physiques. Des villes comme Shenzhen construisent des centaines de points de décollage et d’atterrissage pour soutenir le transport à basse altitude, jetant ainsi les bases d’une adoption généralisée plutôt que de programmes pilotes limités. Alors que les régulateurs américains et européens continuent d’avancer avec prudence, la Chine met en place les conditions nécessaires à une expansion à grande échelle.

Au CES, cela s’est traduit par le sentiment que la mobilité aérienne en Chine n’est pas un pari spéculatif, mais une prochaine étape inévitable dans le domaine des transports.

4. La rapidité est l’un des avantages concurrentiels de la Chine

L’avance de la Chine dans le domaine de la mobilité à basse altitude est renforcée par la rapidité d’itération. Alors que des acteurs occidentaux tels que Joby et Archer se sont fortement concentrés sur des modèles de taxis aériens qui dépendent d’autorisations urbaines denses et d’infrastructures centralisées, XPeng emprunte une voie différente.

En ciblant les loisirs et l’usage personnel, avec des véhicules pouvant être garés dans un garage standard, bien que spacieux, et pilotés dans des environnements moins réglementés, XPeng cherche d’abord à familiariser les consommateurs avec son produit. Cette approche crée une demande populaire qui pourrait finalement pousser les régulateurs à s’adapter, plutôt que d’attendre une clarification de la réglementation avant de se développer.

5. Les constructeurs automobiles chinois déplacent l’attention du matériel vers l’IA

Au-delà des véhicules accrocheurs, les marques chinoises ont profité du CES pour mettre en avant un changement plus discret mais plus important : l’essor de la mobilité définie par les logiciels. Les systèmes de conduite autonome et de contrôle par IA de Geely ont été parmi les technologies automobiles chinoises les plus discutées lors du salon, soulignant à quel point l’avantage concurrentiel s’éloigne des spécifications mécaniques pour se tourner vers la perception, la prise de décision et les mises à jour logicielles continues.

Les constructeurs automobiles chinois considèrent de plus en plus les véhicules comme des plateformes évolutives, c’est-à-dire des systèmes intelligents conçus pour s’améliorer au fil du temps. Au CES, cette évolution a placé les entreprises chinoises au cœur du débat sur la question de savoir qui contrôlera les systèmes d’exploitation de la mobilité future.

Pour le public international, le CES 2026 a offert un aperçu d’un avenir où le rôle de la Chine ne se limitera plus à construire ce que d’autres conçoivent, mais consistera de plus en plus à définir ce qui va suivre.